Et si on arrêtait un peu avec ces « Dream Matches » ?4 min de lecture

Chronique écrite par Ralgrad le 13 novembre 2018

Édito

C’est quelque chose que vous avez peut-être déjà remarqué, notre génération utilise de plus en plus le terme « match de rêve » pour désigner une affiche séduisante sur le papier ou une opposition qui peut délivrer la marchandise. Je ne saurais vous dire quand cet expression a réellement pris de l’importance chez les fans de catch, mais une chose est sûr, on en abuse beaucoup et c’est parfois, un peu agaçant.

Oui parfois, pas toujours.

En réalité, y a trois choses qui peuvent m’embêter : l’utilisation abusive, la maladresse et la malhonnêteté.

Non pas que tout le monde doit avoir les mêmes goûts, mais l’utiliser couramment peut nuire à l’idée qu’on se fait du match. À l’image de chant « This is awesome » que l’on peut maintenant entendre à chaque show, alors qu’il n’y a rien de réellement « awesome ». L’exemple le plus frappant que j’ai eu, c’est Christophe Agius disant qu’un Seth Rollins vs. Dolph Ziggler était un « match de rêve ». À sa décharge, cela avait peut-être pour but de nous vendre Extreme Rules, mais je pense que vous comprenez mon point. Il y a une utilisation abusive du terme, sous prétexte qu’il s’agit-là de deux grands lutteurs, on nous vend la « petite » affiche comme un fantasme pour les fans.

Autre chose qui peut me déranger, c’est d’employer maladroitement le terme. Je veux dire… est-ce-qu’un match opposant Brock Lesnar et Goldberg à WrestleMania 33, peut être considéré comme un « match de rêve », sachant en plus, que celui-ci a déjà eu lieu auparavant en 2004 et 2016 ? Si je vous sort cet exemple, c’est bien parce que j’ai pu le lire. Tout comme, les affiches opposants Roman Reigns et Brock Lesnar que l’on avait déjà vu ou l’Undertaker contre Triple H pour Super Show-Down. Ce que je veux pointer du doigt ici, c’est d’utiliser le terme pour désigner une grosse affiche. Je sais que chacun a ses goûts, mais une « grosse » affiche, ne veux pas nécessairement dire qu’on en rêve. Pourtant, c’est l’impression que me donne cette manie de toujours sortir cet expression pour un main-event de pay-per-view ou une grosse affiche.

Enfin, ce qui me fatigue vraiment, c’est les fans malhonnête. Vous en connaissez peut-être, vous en avez probablement démasqué, c’est ceux qui ne regardent que de la WWE, mais qui vont vous dire qu’un Kenny Omega vs. Roman Reigns a le potentiel pour être le match de la décennie et est un « match de rêve ». Ils s’appuient sur les dires des autres, pour prendre la parole et vous vendre un match. Ce qui m’embête ici, c’est donc le vendeur qui vous vend une affiche, alors qu’il ne connait pas ou très peu, les deux composants de celui-ci, c’est-à-dire les lutteurs y prenant part.

Alors qu’on approche des Survivor Series, j’ai maintenant l’occasion de lire que le combat entre Seth Rollins et Shinsuke Nakamura est un match de rêve. Personnellement, vu l’année 2018 du japonais, j’ai beaucoup de mal à considérer ce combat comme un must-see. Rien n’a été fait pour donner une once d’envie, à croire que la WWE pense vendre le match rien que sur les noms des lutteurs qui font beau sur le papier. Quel sera le prochain « match de rêve » à TLC ? Vu que désormais, on semble en avoir un à chaque pay-per-view… je suis quasiment certains qu’on nous vendra ainsi, le match entre Braun Strowman et Baron Corbin.

Il fut un temps où je considérais le « match de rêve » comme étant celui qui n’ait jamais eu lieu et est désormais impossible.

Mon exemple type était un affrontement entre le Big Show et André The Giant, voir un Hulk Hogan vs. John Cena. Aujourd’hui, j’ai l’impression que chaque grosse affiche est un « dream match », c’est fatiguant, non ?