Fnlutte était à Clash at the Castle10 min de lecture

 

Après s’être essayé à deux gros événements européens que sont les tournois 16 Carat Gold 2020 et 2022 de la promotion allemande wXw à Oberhausen, Fnlutte est passé à la vitesse supérieure en ce mois de septembre avec Clash at the Castle, le premier PPV de la WWE tenue en Europe depuis près de 20 ans et Insurrexion le 7 juin 2003 à Newcastle. Avec deux personnes du forum Fnlutte, on se dit qu’il n’y a pas moyen de manquer cette opportunité d’enfin assister à un vrai PPV de la WWE sans payer une blinde pour aller en voir un aux USA. Et les house shows c’est bien sympa, mais là c’était l’occasion de voir les Superstars VRAIMENT se donner dans le ring.

 

Nous nous retrouvons en cette fin du mois de mai dans la longue liste d’attente virtuelle des personnes au taquet pour essayer de chopper les précieux sésames pour le show. Par chance, nous arrivons à obtenir trois places dans la section que nous visions pour un prix au-delà du censé mais hey, c’est notre premier PPV de la WWE et peut-être que ce sera aussi notre dernier.

 

Dans un second temps, il est maintenant question de savoir comment aller à Cardiff. Le fait que Clash at the Castle soit un samedi soir et non un dimanche simplifiait les choses et nous faisait nous dire que le trajet ne serait qu’une formalité à voir après. Grosse erreur. Il s’est avéré qu’il n’y avait aucune liaison aérienne entre la France et Cardiff le samedi 3 septembre pour quelqu’un voulant faire le déplacement le jour-même pour le show. Les logements à Cardiff étaient également à un prix prohibitif. Du coup comme plusieurs Français que l’on a rencontré en chemin, Bristol fut notre stop avec le trajet Bristol-Cardiff en train et pareil pour le retour pour dormir à Bristol.

 

Photo que j'ai prise trop tôt, plus on s'enfonçait plus il y avait de monde

photo prise beaucoup trop tôt, plus on s’engouffrait plus c’était bondé et folklorique

 

Pour arriver directement à la partie intéressante, l’arrivée à Cardiff est incroyable pour tous fans de lutte. Il n’y que 5 minutes à pied entre la gare et le Principality Stadium mais le trajet est un rêve pour tous fans de lutte. Le centre-ville a été fermé aux voitures, des fanions pour le show sont accrochés à chaque réverbère, toutes les personnes rencontrées portent un t-shirt de catch comme si cela était la norme quand elles ne viennent pas déguisées en lutteur. Toutes les terrasses sont bondées de gens sans aucune hésitation possible venus pour le show. La zone semblait vraiment avoir été privatisée pour les fans de lutte. Pour une fois c’était l’inverse qu’il se passait, c’est le non-fan de lutte qui faisait tache au milieu du décor.

 

A l’intérieur du stade et dans les coursives, on se serait cru présent pour une très grosse affiche de foot avec une enceinte à ras bord. On sentait bien les 62 000 personnes pour faire le moindre déplacement. Pour l’occasion, une DJ était présente pour occuper le public avant le match du pre-show vu que le panel n’était pas diffusé. La DJette a d’ailleurs joué un remix de Blue d’Eiffel 65 et j’y avais vu là un beau présage pour Drew McIntyre vu qu’il a une histoire avec cette chanson. Entre ses deux runs à la WWE, il était revenu dans sa promotion écossaise de l’ICW et son rival Joe Hendry lui avait dédié une version remixée de ce titre. Bon j’imaginais bien que la DJette n’avait pas du tout cette réf bien trop obscure.

 

Nos places étaient dans le kop en face de la hard cam. Cela faisait d’ailleurs bizarre de voir que le stade était plein à craquer aux 3/4 mais que la section derrière la hard cam était complétement vide et bâchée. On s’est alors mis à la place des Superstars qui doivent faire leurs moves en fonction de la caméra et qui se retrouvent donc à littéralement travailler le dos tourné à la quasi-totalité de l’arène.

 

Nos places furent cependant une douche froide. On était vraiment loin du ring et si on voyait devinait ce qu’il se passait sur le ring, le confort visuel n’était clairement pas là. On ne voyait ainsi plus rien dès que les Superstars allaient au sol ou ringside. On ne voyait même pas les lutteurs pendant leurs entrées tant qu’ils n’avaient pas mis au moins un pied sur le ring. Tout de suite ne pas voir les entrées fait perdre du charme.

 

 

Au final la sensation est assez étrange. Il y a heureusement un écran géant juste au-dessus du ring qui permet de ne rien rater du match (mais les entrées pas diffusées par contre), mais l’idée n’est pas de faire un déplacement et de payer aussi cher pour mater un show en regardant l’écran comme si on était à la maison à voir ça sur la télé ou l’ordinateur. Il y avait aussi une seconde de décalage entre l’action sur le ring et ce qui était montré à l’écran. Ce n’est pas un gros écart mais ça perturbe un peu par moment.

Ce déplacement fut également l’occasion de vivre un PPV dans des conditions inédites. On a donc le choix de regarder le ring ou juste au-dessus l’écran géant. On n’entendait cependant pas les coups dans le ring ni les commentateurs. C’était comme matter un show en mute. Ou plutôt c’est comme suivre les matchs de foot quand les diffuseurs ne mettent volontairement pas de commentateurs pour laisser les téléspectateurs profiter du son du stade.

 

A ce niveau-là on a été gâté. Je n’ai revu aucune image de Clash at the Castle et ne sais donc pas ce que les fans restaient chez eux ont entendu, mais le public UK c’est quelque chose quand il a envie et là clairement ils avaient envie. J’avais personnellement très hâte de voir si on allait à nouveau avoir le chant pour Bayley. La WWE n’a pas laissé ce doute bien longtemps en mettant le 3 vs. 3 féminin en opener. Et dans le stade c’était fou. C’était magique de voir la heel Bayley cherchait à faire stopper ce chant. A un moment elle faisait même des très courts passages sur le ring pour couper l’herbe sous le pied des fans. Eux n’en avaient rien à faire et chantaient « We Want Bayley » afin de pouvoir reprendre son chant.

 

Un élément qui m’a marqué est le fait que quasiment aucun lutteur n’a été hué, sifflé ou insulté à base de « You Suck ». J’en ai très exactement compté deux: Theory dans le Kick-Off et Roman Reigns qui lui a pris sévère pendant tout le main event. Les huées lors de son entrée étaient folles mais étaient accentuées par le fait que les 62 000 spectateurs étaient TOUS pour Drew McIntyre. Les premières notes de Broken Dreams a entrainé l’une des pops de la soirée par ailleurs.

 

 

C’est du coup l’occasion de faire un point sur les pops. Edge a été saucé comme pas possible. Le stade chantait carrément en cœur son theme song. Cela faisait presque de la peine pour Rey Mysterio qui aurait reçu la même réaction s’il était un quidam. Sheamus pendant son entrée et le début de son match n’a pas été si mis over que cela. On a même eu le droit à un split chant avec Gunther au début. Par contre plus le match avançait, plus le public était à fond avec l’irlandais. A signaler également que si le public était pas mal pour les heels. Bayley était donc over, Shayna Baszler considéré comme la face contre Liv Morgan avec de maigres chants pour elle et Seth Rollins lui vrai babyface sans pour autant insulter Riddle.

 

Ce Clash at the Castle fut également l’occasion de constater que la réputation de « piss break » pour le match féminin n’est pas une légende. A peine les premières images du highlight de la rivalité entre Liv Morgan et Shayna Baszler diffusées, On a pu assister à un départ massif de fans vers les coursives. Ce match pour le titre féminin était par ailleurs hallucinant à assister. Tout le monde s’en foutait. Il n’y avait pas un bruit ou plutôt le bruit de stade quand le show n’a pas encore commencé. Le premier maigre chant en faveur de Baszler n’a eu lieu qu’au bout de la 6ème minute et au final ça fait bien long. Entre temps, on a même vu apparaitre une beach ball que les gens du parterre se renvoyait.

 

Pour terminer cette chronique il faut parler du Main Event. Si Theory a eu droit aux « You Suck », Roman Reigns aussi au début mais cela n’était clairement pas assez pour le public qui devait marquer qu’il ne voulait pas le voir repartir victorieux en ayant battu le héros local. On a ainsi eu droit à de nombreux « Fuck You Roman » ainsi qu’à un chant le traitant de wanker (je vous laisse chercher la définition pour ceux qui ne l’ont pas).

 

C’est simple, tout le monde voulait voir McIntyre l’emporter mais surtout S’ATTENDAIT à le voir l’emporter devant son public. Le voir se relever de tous ces Spears faisait penser à son match de WM36 contre Brock Lesnar où il se relevait à chaque finisher pour finalement l’emporter. Pour tout le monde c’était fini quand il avait placé sa Claymore sur Reigns. Tout le monde regardait les épaules du Tribal Chief pour le compte de trois et voir l’arbitre disparaitre inexplicablement du ring restera un moment fort. La clim qui a suivi avec le compte de trois et Reigns qui conserve a mis un long blanc dans tout le stade. On se serait cru à Lesnar qui prend la streak de l’Undertaker. Tyson Fury essaie ensuite assez inexplicablement de faire chanter le public pour conclure le show mais les fans n’avaient clairement pas le cœur à ça.

 

La suite pour nous est un retour sur Bristol juste après le show puis l’avion pour la France ce dimanche avec une énorme déception. On aurait pu assister à un moment historique de la WWE au UK qui aurait été montré pendant des décennies. Au final ce ne fut qu’une victoire presque anecdotique de plus pour Roman Reigns. La WWE est clairement passée à côté de quelque chose ce samedi 3 septembre.

 

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