Qui est Syuri, la #1 au PWI Women’s 150 ?

Qui est Syuri, la #1 au PWI Women’s 150 ?

 

Cela fut la grande annonce de la journée d’hier. Après le PWI 500 le mois dernier pour les hommes, il était l’heure de mettre à l’honneur les catcheuses. Le Pro Wrestling Illustrated a ainsi officiellement dévoilé son PWI Women’s 150 ce jeudi. Le journal spécialisé a cherché à classer les meilleures lutteuses de la période du second semestre 2021 et du premier semestre 2022. Si être excellente dans le ring est important, cela n’est que l’un des trois critères majeurs. Une worker peut également grimper au classement si elle se trouve dans une grande compagnie et qu’elle est bookée championne.

A ce petit jeu, c’est ainsi Syuri qui a été honorée et désignée catcheuse de l’année 2022. Pas mal de personnes ont exprimé leur surprise sur les réseaux sociaux concernant ce choix. Il faut dire que la japonaise évolue à la Stardom et ne sort jamais ou presque de sa compagnie ou du pays. Un très grand nombre de fans ne connaissant que la WWE ou la AEW, cela fut donc la première fois pour eux qu’ils entendaient le nom de Syuri.

Pour les suiveurs du Joshi, cette première place de la japonaise de 33 ans est une évidence. Cela faisait quelques temps déjà que Syuri multipliait les performances. La Stardom avait logiquement décidé de la mettre over et n’a jamais eu à regretter ce choix. Cette victoire de Syuri est également une belle récompense pour le Joshi qui trône enfin sur le sommet de la lutte féminine. Pour plusieurs spécialistes, cela n’est que justice.

Pour ceux qui ne connaissent pas Syuri et qui cherchent à comprendre cette première place, cette chronique est pour vous.

 

 

 

Un mentor appelé TAJIRI

Cette partie là est documentée un peu partout mais le catch n’était pas la première passion de Syuri. Elle a ainsi débuté dans le karate où apparait elle ne se débrouillait pas trop mal pour son jeune âge. Globalement, elle avait des aptitudes dans la plupart des disciples sportives vu que l’athlétisme et le tennis lui souriaient également. En attendant de savoir ce qu’elle veut faire de sa vie, elle travaille notamment dans un café. C’est à l’âge de 19 ans qu’elle met pour la première fois les pieds dans le monde du catch.

Elle fait ainsi un test au sein de la promotion HUSTLE qui s’avère concluant. Elle intègre le Dojo et est formée par non moins que l’ex ECW, WCW et WWE TAJIRI. Comme il faut lui trouver un nom de scène pour ses débuts en octobre 2008, il est fait référence à son premier amour. Syuri démarre donc en tant que KG pour Karate Girl. Elle intégrera d’ailleurs le clan face de son mentor appelé Hustle Union Army et fera plusieurs fois équipe avec lui. Jusqu’à la fermeture de la HUSTLE en 2010, elle est globalement abonnée aux openers par équipe qu’elle remporte la plupart du temps. Pour sa dernière apparition en octobre 2009 -soit un an après ses débuts- elle a même le droit de faire équipe avec le légendaire Ultimo Dragon.

La japonaise n’a cependant pas de souci à se faire pour son avenir. TAJIRI et un groupe d’anciens de la HUSTLE ont en effet créé la SMASH. KG Girl est embarquée et change à ce moment-là de nom pour Syuri. Qui sera sa première adversaire pour ses débuts en mars 2010 ? Pas moins que Meiko Satomura. A la SMASH, elle croisera la route d’une autre catcheuse qui fera pas mal parler d’elle en la personne d’Asuka. Cette dernière se faisait alors appeler Kana. Les deux auront une rivalité qui se terminera par un joli deux victoires partout. Lors du dernier match, Syuri prend cependant le titre féminin à Kana. Là-bas, elle affronte également à deux reprises Serena Deeb pour deux défaites. La SMASH n’a cependant pas toujours de quoi lui trouver des adversaires femmes. Elle continue alors à faire de l’intergender. Elle croise ainsi le fer avec des noms comme Kushida, Scotty 2 Hotty, Funaki ou Ultimo Dragon. Ce dernier est d’ailleurs lié à Syuri dans un sens. Le vétéran à pris part à chaque fois aux derniers matchs de la catcheuse à la HUSTLE et à la SMASH.

L’expérience SMASH n’aura cependant duré que deux ans. Là encore, pas de souci à se faire pour Syuri. Son mentor TAJIRI est toujours dans une optique de création de promotion. Cette fois-ci, ce sera la Wrestling New Classic (WNC). Là encore, la promotion ne durera que deux ans. Cela permettra cependant à Syuri de faire la connaissance d’Hikaru Shida est d’être sa coéquipière à chacune de ses apparitions. La WNC permet également à Syuri de faire un rapprochement avec la Mexique. La WNC est en effet affiliée à la REINA, promotion féminine cherche à faire une passerelle entre les talents japonais et leurs homologues de la CMLL. C’est notamment là-bas qu’elle croise pour la première fois la route de Toni Storm.

 

 

 

La découverte du Mexique et la reine du kickboxing

Fin 2013, elle remporte ainsi le CMLL-REINA Championship. Cela lui ouvre les portes de la promotions mexicaines pour sa première tournée internationales. Syuri est conviée à passer le mois d’avril 2014 à la CMLL. C’est également l’occasion de lui faire perdre sa ceinture. Si la WNC a fermé, Syuri continue de se produire à la REINA où elle remportera à deux reprises le titre Tag. Elle complète son planning avec des bookings à la SENDAI et à la Oz Academy. En Décembre 2014, elle fait même un one shot à la Stardom qui deviendra des années plus tard sa maison. En parallèle, elle continue son équipe avec Hikaru Shida. Ensemble, elles remporteront les ceintures par équipe de la REINA, Oz Academy et SENDAI.

Si de 2008 à 2016 la carrière en catch de Syuri est plutôt florissante, cela n’est qu’une partie de sa vie sportive. La jeune femme s’est également construit un gros palmarès en kickboxing. Elle a ainsi rapidement rejoint en 2012 la promotion locale appelée Krush. La japonaise deviendra même facilement la taulière de la compagnie où elle gagnera le titre féminin. Elle remportera ainsi ses 12 combats au Japon de 2009 à 2015. Syuri n’a en fait qu’une seule défaite à son active. En février 2015 elle est conviée en Chine à un évent du K-1 sur le thème China Vs. Japan. Son pays l’emportera 5-2 mais elle fera partie des deux défaites par décisions unanimes.

En 2016 elle décide cependant de plaquer le kickboxing. Syuri s’est trouvée un nouveau centre d’intérêt avec le MMA. La japonaise souhaite au départ ne rien changer de ses habitudes. Elle continue ainsi ses activités en catch avec plusieurs shows chaque semaine tout en s’entrainant en MMA. Il faut dire que tout roule pour elle. Syuri prend part à 5 combats de la promotion Pancrase entre avril 2016 et mai 2017. Elle les remporte ainsi tous mais se distingue par un manque de punch. La japonaise ne remporte un effet qu’un seul fight avant la décision des juges. C’est à ce moment-là que l’UFC la repère. Cette fois, pas question de doubler catch/MMA et avec la grosse promotion américaine. Syuri prend donc le choix d’arrêter sa carrière en lutte.

 

 

L’échec à l’UFC et son arrivée à la Stardom

Si personne ne se souvient que la japonaise est passée par l’UFC, cela n’est pas un hasard. Son run fut un véritable fiasco même si cela commençait pourtant bien. Pour la mettre en confiance, la promotion de Dana White la fait débuter au Japon le 23 septembre 2017. Syuri l’emporte en carte préliminaire et comme d’habitude, cela n’est qu’à la décision des juges. La japonaise est donc juste pour le MMA d’élite et la suite le confirmera. Syuri perdra ses trois combats suivants et cela semble visiblement la décourager. Bien que toujours sous contrat, elle demandera à faire un break et retournera vers le monde du catch.

Syuri fait donc son retour sur les rings en aout 2019. Sa période indépendante ne durera cependant pas longtemps. Giulia est arrivé à la Stardom en décembre 2019 et a démarré une rivalité avec la défunte Hana Kimura. Cette dernière était épaulée par son clan du Tokyo Cyber Squad. Les deux adversaires se donnent rendez-vous en janvier et Giulia annonce qu’elle dévoilera son clan à cette occasion. Syuri est ainsi présentée au public de la Stardom à cette occasion. La rookie de la Just Tap Out Maika complète la faction appelée Donna Del Mundo. Syuri partage d’ailleurs avec Giulia (et Hana Kimura) d’avoir connu à différents degrés la discrimination plus jeunes. Il leur était alors reproché de ne pas être 100% japonaise, d’avoir des origines étrangères et d’avoir la peau plus foncée que la plupart des autres japonaises.

Très rapidement, Syuri trouve sa place à la Stardom. Si Giulia est la leader du clan, elle est son bras droit attitré. Au sein de la promotion, être #2 d’un clan n’empêche pas non-plus de toucher à l’une des deux ceintures principales et battre la leader d’un autre clan. Dès 2020, elle a plusieurs matchs remarqués comme Mayu Iwatani, Utami Hayashishita et même sa leader Giulia. Pour le moment, Syuri se contente des titres secondaires. Elle remporte le titre Artist of Stardom (Trios Title) et le SWA Undisputed Championship. Ce dernier a la particularité d’être une ceinture qui ne peut être défendue que contre une challenger d’une autre nationalité.

Syuri est cependant bookée en tant que catcheuse qui n’a en tête que la récompense suprême. Elle est le genre d’athlète qui réussit à tenir la dragée haute à toutes les autres main eventers. Malgré cela, elle est incapable de conclure dans les grands moments. Syuri a donc un palier à passer et être double championne ne suffit pas. Toujours championne SWA, elle a perdu le titre Artist pour prendre celui Goddesses (Tag Team Title) avec Giulia. En octobre 2020, elle échoue contre Mayu Iwatani. En décembre 2020 elle fait match nul contre Giulia dans un Title vs. Title. Le 12 juin 2021, elle a une nouvelle chance pour un titre principal.

 

 

Sa rivalité mémorable contre Utami Hayashishita

Elle affronte ainsi la World of Stardom Champion Utami Hayashishita. Les deux se connaissent bien. En septembre dernier, Syuri l’a amené à un Time Limit Draw lors du 5 Star Grand Prix, l’équivalent du G1 Climax de la Stardom. Cela n’a cependant pas empêché Hayashishita d’aller en finale, remporter le tournoi puis de prendre la ceinture en novembre. Syuri lui rappellera à plusieurs reprises ce match nul. Pour elle, c’est une preuve qu’elle rivaliser avec la championne. Après avoir refusé l’affrontement à plusieurs reprises, le match est finalement officialisé.

Le match en question ? Dave Meltzer l’a noté 4.5 étoiles. Sur Cagematch, c’est 9.55/10. Syuri est toujours au niveau de la championne et l’amène dans un Time Limit Draw au bout de 30 minutes. Syuri demande un overtime et Hayashishita finit par lui accorder. Finalement 13 minutes plus tard, les deux catcheuses sont à bout de force. Elles jettent leurs ultimes forces dans la bataille mais le match se finit cependant sur un double ko. Hayashishita reste donc championne même si elle n’arrive toujours pas à battre Syuri. Pour sa part, la challenger est vue en larmes d’être à nouveau passé d’une opportunité.

Vient maintenant la période de prise en compte du PWI Women’s 150. Syuri débute ainsi en tant que SWA Undisputed Champion et Goddesses of Stardom Champion. Même si cela n’est pas des titres principaux, cela rapporte forcément des points à la japonaise sur la période. De juillet à septembre 2021, la Stardom organise la nouvelle édition de son 5 Star Grand Prix. Syuri y voit là une opportunité d’avoir un nouveau title shot pour l’un des deux titres principaux. Surtout elle sait ce qu’elle veut: un rematch contre Utami Hayashishita qui ne l’a jamais battu. Le hasard fait que les deux catcheuses sont dans le même block. Résultats ? Time Limit Draw. Le 3ème entre les deux. Cette fois-ci c’est Syuri qui sort de la poule et qui remportera le tournoi. Syuri est d’ailleurs la MVP non-officielle du tournoi. Deux de ses matchs sont notés plus de 9/10 sur Cagematch (contre Takumi Iroha et Momo Watanabe).

 

 

L’aboutissement d’un rêve pour Syuri

Syuri a enfin eu ce qu’elle veut. Utami Hayashishita ne peut pas l’esquiver et le rematch est organisé pour le 29 décembre 2021. Il s’agira d’ailleurs un Title vs. Title avec la ceinture SWA Undisputed en jeu. La dernière fois que Syuri a fait un Title vs. Title, c’était contre Giulia et cela s’était terminé sur un Time Limit Draw. Clairement le résultat que veut éviter la catcheuse aux origines philippines. Les deux lutteuses prouvent une nouvelle fois avoir une alchimie folle ensemble. Cela donne ainsi un nouveau 4.5 étoiles côté Dave Meltzer et un 9.42/10 côté Cagematch. Le build du match a fait qu’il n’y a cette fois pas de Time Limit Draw. Cela tombe bien, l’affrontement dépasse à nouveau les 30 minutes, soit le temps imparti habituel des défenses de titres. Finalement Syuri l’emporte en 36 minutes et touche enfin à son rêve impossible.

Seule cette ceinture n’a dès lors de l’intérêt à ses yeux. Syuri met ainsi vacant son titre SWA Undisputed. Elle perdra tout de suite après le titre Goddesses également. Après une première défense en janvier contre MIRAI, Syuri a un weekend impossible fin mars. Elle se retrouve à devoir défendre son titre deux jours de suite contre Giulia et Mayu Iwatani. Syuri ressortira victorieuse à chaque fois et une nouvelle fois ces matchs seront louangées. Donna Del Mundo est cependant devenu trop petit pour elle. Syuri a pris trop de place pour continuer à n’être que la #2 de son clan. Elle annonce ainsi en avril partir former sa propre faction appelée God’s Eye. Elle explique que ce nom a pour but de souligner que les membres ont été choisies par le Dieu du combat. Syuri fera d’autres défenses victorieuses jusqu’à fin juin 2022 et donc la fin de la période du PWI Women’s 150.

Est-ce que Syuri est donc légitime pour être désignée #1 à l’édition 2022 de ce classement ? Comme à chaque fois, tout est question d’interprétation. Elle répond cependant aux critères pris en compte pour définir l’ordre. Si la Stardom n’a pas la visibilité de la WWE ou AEW, elle est cependant réputée pour être la meilleure promotion féminine au monde. Sur la période prise en compte, Syuri a remporté des points en détenant pendant 6 mois un double titre mineur. Sur l’autre semestre, elle a eu en sa possession la ceinture principale de Stardom. Là aussi, ça aide à grimper dans le classement. Quant à la partie performance sur le ring, elle a 4 matchs notés 9/10 ou plus par Cagematch sur la période. On pourrait ajouter 5 avec l’affrontement contre Utami Hayashishita du 12/06/2021. A titre de comparaison, ses dauphines Bianca Belair et Thunder Rosa n’en ont aucun.

 

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