Repose en paix Larry Csonka4 min de lecture

Chronique écrite le 19 mai 2020 à l’annonce du décès de Larry Csonka, journaliste pilier du site 411Mania

Tout le monde connait cette émotion à la mort d’une célébrité que l’on apprécie. Vous n’aviez certes probablement jamais vu la défunte personne en face à face mais vous aviez apprécié la découvrir et la suivre à travers l’écran. Ajourd’hui avec la mort de Larry Csonka j’ai expérimenté une sensation nouvelle: l’émotion suite à la mort de quelqu’un … dont j’ignorais le visage.

A l’annonce de sa mort, deux tendances se sont très largement distinguées parmi les fans. Il y avait ainsi ceux totalement dévastés par cette perte énorme pour le business. De l’autre côté, on retrouvait ceux qui admettaient ne pas connaître son existence. Etant un partisan du premier camp, je suis tombé des nues à la découverte de cette seconde option. J’ai cependant fini par la comprendre en prenant moi-même du recul. Larry Csonka était un membre incontournable d’un site de lutte de référence (411 Mania) mais ce n’était cependant pas un Meltzer.

Pour être plus clair, les Dave Meltzer, les Ross Sapp, les Joe Peisich, les Brad Shepard, les Joe Peisich, voire même les Mike Johnson de PWInsider sont des journalistes spécialisés reconnus pour être à la recherche du scoop. Leurs noms sont donc repris comme sources de sites spécialisés en sites spécialisés, tout ce petit monde se recopiant de partout. Le nom de Larry Csonka n’était lui jamais repris pour une simple raison: il était un fan avant d’être un journaliste à la recherche du buzz pour son site. 411 Mania était d’ailleurs à son image, les scoops exclusifs y étaient rarissimes et cela se contentait à reprendre les infos venues d’ailleurs. Les plus-value de Csonka et de 411 Mania étaient ailleurs.

Csonka, c’était plutôt un super-fan avec une voix qui porte via 411 Mania et la capacité d’utiliser ce mégaphone pour l’utiliser de manière différente. Le site était ainsi très fortement axé sur les chroniques. La dernière en date de Csonka, publiée peu après l’annonce de sa mort, était d’ailleurs une belle réflexion. Celle-ci faisait le parallèle entre l’apport d’un vétéran peu égoïste comme Terry Funk à l’ECW et le rôle actuellement joué par Chris Jericho à l’AEW. A mes yeux, Csonka représentait le journaliste à l’ancienne qui fuit les projecteurs et les polémiques pour se concentrer sur ce qu’il aime vraiment: parler de lutte.

Csonka était également réputé pour regarder tout ce qu’il se fait -et s’est fait- grâce à toutes ses années de fans. En novembre dernier, il s’était d’ailleurs confié comme jamais sur lui-même à l’occasion d’une chronique émouvante où il revenait sur son histoire d’amour sur la lutte, sa paternité et la perte de sa jambe. Ce côté humble et amoureux de la lutte le rendait forcément sympathique auprès de ces lecteurs qui pouvaient ressentir sa passion, sa connaissance de la lutte et son histoire. Ce côté à l’abri des polémiques le crédibilisait encore plus lorsqu’il faisait ses fameuses reviews de tous les shows TV qu’ils soient et qu’il donnait des notes par la même occasion. Comme un Meltzer, on ne pouvait pas douter qu’il avait un bagage le rendant légitime pour annoter un match. Contrairement à Meltzer, il était cependant impossible de lui trouver un côté partisan du fait d’une quelconque proximité avec un accord de ce business.

Aujourd’hui, je connais son visage.