Va te faire enculer Randy Orton8 min de lecture

Chronique écrite le 26 juin 2017

Les goûts et les couleurs, c’est toujours très subjectif. Il arrive donc souvent que vous preniez en grippe un mec et qu’importe ce qu’il fera, il aura toujours tort à vos yeux. Le pire, c’est que vous avez le sentiment que ce gars n’a pas le heat qu’il mérite à la vue de son faible apport, peu importe le domaine.

Cette chronique a ainsi pour but de servir de défouloir tout en permettant d’expliquer pourquoi le gars choisi ne mérite pas sa bonne place sur la carte de la WWE. Forcément à la vue de ce titre de chronique et de cette brève introduction, la subjectivité prime sur l’objectivité.

J’ai donc décidé de parler d’un mec que je ne peux personnellement pas voir, Randy Orton.

Merci Papa

Quel mérite à ce gars de squatter le Main Event de la WWE ? Le tapis rouge lui a été déroulé dès son plus jeune âge. Son père Bob Orton Jr a fait le tour de toutes les places de lutte possibles dans les années 80 en passant de la NWA à la WWF à la All Japan à WCW. Donc forcément, on imagine que le père a un carnet d’adresse sympa et deux-trois contacts utiles. Surtout que le grand-père de Randy, Bob Orton Sr, était lui aussi un lutteur renommé du côté de la NWA entre les années 60 et 70.

Papa Orton a apparemment essayé de convaincre sa progéniture de ne pas suivre ses pas et de faire autre chose de sa vie s’il voulait pouvoir avoir une vie de famille. Ce discours que l’on nous rabâche jusqu’à la moelle n’a visiblement jamais convaincu personne et pas le petit Randy qui ne veut faire que de la lutte. En fait la vipère a essayé de faire autre chose à une époque. Après avoir obtenu son bac, il rejoint ainsi les Marines pour défendre le mieux possible son pays aux quatre coins du monde. Randy a cependant le mal de mer il semblerait, il se fait ainsi remarquer pour désobéissance et pour avoir fait deux tentatives de désertion. Il passera même devant la Cour Martiale et sera puni de 38 jours de prison. Quel homme courageux !

Mais pas de problème d’avenir pour le petit Randy, papa va l’entrainer et à 20 ans, il débutera pour deux promotions: la St. Louis Wrestling Club, fed tenue par un copain de son père, et la World Organized Wrestling dont le promoteur est … son oncle Barry Orton. Bon, pourquoi pas après tout. Ce qui est plus surprenant, c’est qu’à peine un an après ses débuts en Indy, il obtient déjà des tryouts à la WWE. Il devait donc être trop fort … Merci papa pour le coup de main. Inutile de dire qu’il sera immédiatement signé à la WWE et ira à l’école OVW. Et là-bas bien sûr pas question de jobber. Il n’y sera resté qu’un an mais aura tout de même remporté le titre Hardcore à deux reprises. La suite vous la connaissez. Après seulement deux ans de métiers, il est déjà en Main Roster alors qu’il ne facture que 21 printemps. A 24 ans, il devient même le plus jeune Heavyweight Champion où il failera sévère. Mais bon, j’imagine qu’il aurait eu le même parcours si papa était un inconnu.

Mister zéro charisme

Schnock se trompe, le mec que le charisme a oublié, c’est Orton. C’est surement pour ça que la WWE lui a refilé tous les artifices les plus cools possibles. Le Stunner est un move super efficace et a contribué au succès de Steve Austin (et de Diamond Dallas Page) ? Et bien le gamin va le reprendre. Et histoire que cela ne se voit trop que c’est du copié-collé, on va changer ce nom en RKO et retirer le coup de pied initial dans le ventre.

Pareil au niveau de ses theme songs. Si Cesaro en chie à ce niveau-là depuis toujours, Orton a lui tout de suite était chouchouté et gâté avec « Burn in my Light » puis « Voices ». Il faut reconnaitre que les deux claquent carrément. C’est autre chose qu’une musique générique sans parole, aussi entrainante soit-elle, à la Kevin Owens. Le pire c’est qu’en plus de ces deux, Orton a également eu droit à « Line in the Sand » de Motorhead époque Evolution et même au « Fire Burns » qui fut ensuite donné à CM Punk, même si pour cette dernière chanson cela n’a duré qu’une semaine. Celaplus un finisher classe, cela ressemble beaucoup à une tentative de la WWE d’habiller la mariée.

Le public ne s’y trompe pas d’ailleurs et « boude » ses produits dérivés en comparaison à son statut de Top Main Eventers à la WWE. En mars dernier, Schock (encore) avait publié un dossier sur les Superstars qui vendaient le plus en prenant l’année 2016 en référence. Sans grande surprise, il est loin de rapporter ce que l’on pourrait attendre d’un gars qui squatte une Top place depuis 10 ans et qui a été 14 fois champion mondial. On le retrouvait ainsi hors du Top 10 et il se faisait par exemple devancé par les Bellas, Kane ou NXT. Il aurait même pu être encore plus loin si Finn Balor et Goldberg avaient fait toute l’année 2016 en Main Roster.

Et ce n’est pas un événement nouveau. J’ai retrouvé des données de 2009fin 2013-début 2014 et 2015, Orton n’arrive jamais à ne serait-ce taper un Top 5.

Another Headlock Randy ?

Pour son niveau in-ring, je laisse chacun se faire son avis. De toute, on le saurait si cela importait vraiment pour être en Main Event à la WWE. Après le constat est simple, si on devait faire du Fantasy Booking et donner ce qui apparait comme l’adversaire idéal à AJ Styles, Cesaro, Chris Jericho, Kevin Owens, Sami Zayn ou Seth Rollins, est-ce que le nom d’Orton serait souvent cité en premier ? J’en doute fortement.

Orton a fait le buzz récemment en critiquant le style de lutte spectaculaire proposé sur le circuit Indy et cela n’est pas très surprenant. Lui est incapable de proposer quelque chose d’aussi attractif et attrayant. Par contre pour marcher lentement dans le ring, enchainer les prises basiques et chercher à jouer n’importe quelle expression sur son visage, là il y a du monde. Il imagine surement que faire cela signifie proposer une bonne histoire.

D’ailleurs on l’a bien vu. La WWE nous a surgavé de rivalités et matchs entre Cena et Orton, classant même la vipère comme le pire ennemi du Champ. D’ailleurs cette nouvelle avait entraîné la création d’un topic sur le forum où l’avis général sur cette rivalité était assez unanime, les deux nous sortaient une bouse à chaque fois !

Niveau in-ring, Orton n’a jamais cassé trois pattes à un canard et a même longtemps était une purge. Le mec paraissait tellement perdu qu’il semblait même avoir trouvé une technique pour gagner du temps et se remettre les idées à l’endroit ou se faire souffler la suite de la séquence: faire une prise de soumission. Un fan avait d’ailleurs magnifiquement caractérisé cette habitude en brandissant une pancarte avec écrit dessus « Another Headlock Randy ? » lors du moment opportun.

Vu l’importance du mec pour la compagnie, on attendrait de lui qu’il soit capable de tirer les lutteurs vers le haut à l’occasion des matchs, à l’image de ce qu’un Cena a su faire avec des Owens, Zayn ou Cesaro qui ont eu une plateforme pour se mettre en valeur du temps des Open Challenge pour le titre US. Par manque de chance, Bray Wyatt et Jinder Mahal sont eux passés entre les mains d’Orton avec le manque de résultat que l’on connait.

*****

Comme vous l’aurez donc assez facilement compris, je ne peux pas blairer Randy Orton. Même en ayant manqué plusieurs mois à Smackdown l’an passé, je n’ai pas trouvé son absence si préjudiciable, surtout que l’on pourrait se demander si AJ Styles aurait à ce point réussi son année 2016 en tant que Top Heel de Smackdown s’il avait eu Orton en Top Face en face.

Les smarks reprochent depuis plus d’une dizaine d’années à John Cena de squatter le Main Event de la WWE et les hardcore fans se lâchent actuellement sur Roman Reigns. Étonnamment, Randy Orton passe toujours entre les gouttes alors que son apport est archi-limité par rapport aux deux autres.